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ABECEDAIRE
DE LA SOLIDARITE
MUNICIPALES 2014

Permettre l’accès aux soins et aux droits des plus démunis, c’est non seulement répondre à un enjeu de santé publique, mais c’est aussi affirmer nos valeurs de solidarité.

C’est pourquoi Médecins du Monde souhaite, à la veille des élections municipales, rappeler aux élus leurs responsabilités en la matière.

Et comme il n’y a pas d’élus sans électeurs, c’est aussi à nous tous, citoyens, de veiller à ce que nos municipalités luttent réellement contre les inégalités.

Votre future équipe municipale est-elle prête à s’engager pour un système de santé vraiment solidaire et pour l’accès aux soins des plus précaires ?

Pour en juger, Médecins du Monde vous propose ce petit abécédaire : il vous permettra de mieux cerner les réalités concrètes qui se cachent derrière des notions devenues parfois un peu trop abstraites.

Chaque jour, les équipes de Médecins du Monde rencontrent en France des populations contraintes de choisir entre se soigner et assurer d’autres besoins ; des personnes pour qui la santé est devenue un luxe.

Nous avons demandé au photographe Jérôme Sessini de nous donner à voir, au-delà des clichés, leur situation sans fard ; quant à l’illustrateur Joël Guenoun, il a débusqué pour nous les maux derrière les mots.

picto twitter medecins du monde #abcdmdm


  • Action d’associer quelqu’un à quelque chose. Action de se réunir de manière durable. Groupement de personnes œuvrant à un but commun. Exemple : “Médecins du Monde est une association indépendante qui agit depuis plus de 30 ans pour soigner les populations les plus vulnérables et dénoncer les atteintes à la dignité et aux droits humains, dans 65 pays, mais aussi en France.” Par-delà les mots, Médecins du Monde, c’est aussi et surtout des visages : ceux de nos bénévoles et de nos équipes professionnelles qui soignent près de 50 000 personnes en situation d’exclusion chaque année en France.

    médecins du monde en france,
    c'est 98 programmes dans 30 villes,
    77 actions
    mobile de proximité à la rencontre
    des plus demunis, 20 centres d'accueil,
    de soins et d'orientation, 2000 benevoles
    et 84 salariés sur le terrain.

  • Du latin “communia”, communauté, et qui dit communauté, dit aussi solidarité. Santé, habitat, action sociale, hygiène, sécurité…
    Ma commune dispose de nombreux leviers pour réduire les inégalités et faire que tous les habitants partagent harmonieusement le même territoire dans la dignité.
    Pour que le “Vivre ensemble” prenne tout son sens, pour que chacun accepte l’autre dans sa différence, nous avons tous un rôle à jouer, ma commune en premier.

    LORSQUE LES ASSOCIATIONS
    TRAVAILLENT EN CONFIANCE AVEC
    LES MUNICIPALITÉS, ELLES REMARQUENT
    UNE AMÉLIORATION DE L’ACCÈS AUX
    DROITS
    ET AUX SOINS DES PERSONNES
    EN SITUATION DE PRÉCARITÉ.

  • Boire un peu d’eau, un geste tellement anodin pour la plupart d’entre nous : après tout, il suffit d’ouvrir le robinet… À condition d’avoir un chez-soi, bien sûr, et l’eau courante. Quand on vit dans la rue, ça se complique, parfois gravement : pour les sans-abri, l’été est aussi meurtrier que l’hiver, notamment à cause de la déshydratation. Alors les fontaines publiques, ce n’est pas seulement joli, ça peut aussi sauver des vies. Un accès à l’eau potable pour tous, ça devrait couler de source !

    LA RÉSOLUTION DE L’ONU
    DU 28 JUILLET 2010
    RECONNAÎT “LE DROIT À
    UNE EAU POTABLE SALUBRE
    ET PROPRE COMME ÉTANT
    UN DROIT FONDAMENTAL,
    ESSENTIEL AU PLEIN
    EXERCICE DU DROIT À LA VIE
    ET DE TOUS LES
    DROITS DE L’HOMME”.

  • Dans la tradition, l’hôpital est un lieu d’accueil, où l’on pratique l’hospitalité. Par le passé, les hôpitaux étaient même réservés aux plus pauvres. Les choses ont depuis bien changé… À tel point que la loi de Lutte contre les exclusions de 1998 a dû créer des Permanences d’Accès aux Soins de Santé, les PASS, dédiées à la prise en charge médicale et sociale des personnes démunies au sein des hôpitaux. Malheureusement, les PASS manquent souvent de moyens, de médecins, de pédiatres, de dentistes, d’interprètes : elles ne peuvent accueillir qu’un nombre restreint de patients, les autres étant condamnés à différer leurs soins, avec les risques que cela comporte…

    Là encore, mon maire a un rôle à jouer : membre de droit du conseil de surveillance des établissements hospitaliers de ma commune, il peut influer sur la politique de mon hôpital en matière de prise en charge des personnes précaires. Il peut aussi développer les centres municipaux de santé et mettre en place des PASS mobiles pour rapprocher la santé des plus vulnérables. C’est une urgence !

    MÉDECINS DU MONDE
    RAPPELLE AUX MAIRES
    QU’ILS PEUVENT AGIR
    POUR PROMOUVOIR
    LE DISPOSITIF DES
    PASS ET DÉFENDRE
    UNEMÉDECINE DE
    PROXIMITÉ.

  • L’hygiène est un passeport pour la santé et la vie en société. Comment se protéger des maladies, de la gale et des dermatoses, quand on ne peut pas se laver régulièrement, parce qu’on est sans-abri ou que l’on vit dans un habitat précaire ?Comment trouver du travail, aller vers les autres, se faire accepter, quand les gens se bouchent le nez, se risquent à peine à vous regarder ? Vous n’osez plus vous présenter dans un bain-douche, de peur qu’on vous refuse l’entrée, parce que vous n’avez pas la bonne carte, les bons papiers, ou pas de papiers du tout… Existe-t-il seulement un tel endroit à proximité ?

    Médecins du Monde a mené une enquête dans 11 grandes villes françaises :on y trouve 1 établissement de bains-douches municipal pour 15 000 ménages pauvres. Parce qu’il n’y a pas de dignité sans propreté, que la mauvaise hygiène aggrave l’exclusion et que les bains-douches sont des lieux de socialisation, un accès à l’hygiène pour tous, c’est proprement indispensable !

    MÉDECINS DU MONDE
    RECOMMANDE À TOUTES
    LES MUNICIPALITÉS D’OUVRIR
    DES BAINS-DOUCHES
    EN NOMBRE SUFFISANT, GRATUITS,
    AVEC UN ACCUEIL INCONDITIONNEL,
    AFIN DE GARANTIR
    UN ACCÈS À L’HYGIÈNE
    POUR LES PLUS EXCLUS.

  • Peut-on appeler logement, les caves, cabanes, squats, bidonvilles, immeubles insalubres où s’entassent les plus démunis ? Ces logements indignes exposent leurs habitants à des risques manifestes pour leur santé, comme les intoxications au monoxyde de carbone, le saturnisme, les maladies respiratoires, les allergies, les maladies parasitaires. Sans oublier les risques d’incendie, d’effondrement et d’accidents domestiques. Quand on accepte d’habiter ce genre d’endroits, c’est qu’on n’a vraiment pas le choix, qu’il n’y a pas d’autres solutions face à la pénurie et au prix des logements.

    Cette situation n’est pourtant pas une fatalité : qu’il s’agisse de développer le logement social ou d’obliger les propriétaires à entretenir leurs biens, ma municipalité est au coeur de la lutte contre l’habitat indigne.

    MÉDECINS DU MONDE
    APPELLE À LA MISE EN
    PLACE D’UNE NOUVELLE
    POLITIQUE PUBLIQUE
    DU LOGEMENT EN OFFRANT D’UNE PART
    DES DISPOSITIFS
    D’HÉBERGEMENT D’URGENCE EN NOMBRE
    SUFFISANT, D’AUTRE PART
    DES SOLUTIONS DE LOGEMENT
    PLUS PÉRENNES.

  • Nous produisons tous des ordures. Mais, dans les bidonvilles et les squats, les habitants n’ont généralement droit à aucun service. À commencer par le ramassage des ordures. Résultat ?

    Celles-ci s’accumulent, les risques sanitaires augmentent, l’environnement se dégrade et la stigmatisation s’amplifie : “Vous voyez la saleté dans laquelle ils vivent !” D’accord, mais ce serait comment devant chez nous si la ville ne passait pas ramasser les poubelles ?

    Maintenir la salubrité et assurer la collecte des déchets, c’est un service public obligatoire qui relève de la responsabilité de la mairie. Alors, plutôt que d’attendre une éventuelle expulsion ou réhabilitation des lieux pour ramasser à grands frais la montagne d’ordures qui se sera accumulée, ce serait plus simple et moins cher de ramasser régulièrement les déchets dans les bidonvilles.

    C’est même une priorité pour réduire les risques sanitaires et sécuritaires, et apaiser les tensions entre les occupants et les riverains.

    MÉDECINS DU MONDE
    DEMANDE AUX MAIRES
    DE GARANTIR LE RAMASSAGE DES ORDURES
    POUR TOUS LES HABITANTS, QUEL QUE SOIT LEUR
    TYPE D’HABITATION, ET D’OUVRIR
    UN DIALOGUE ENTRE
    LES PARTIES CONCERNÉES –
    AUTORITÉS MUNICIPALES,
    ASSOCIATIONS ET HABITANTS.

  • L’indésirable est différent. Il mendie, il vagabonde. Ce ne sont plus des délits dans notre Code pénal. Mais les arrêtés municipaux, eux, se multiplient : arrêtés “anti-mendicité”, “anti-bivouac”, “anti-glanage”, “anti-stationnement”, “anti-prostitution”… Ces arrêtés ne règlent rien, ils ne font que mettre les problèmes sous le tapis, cacher cette misère que l’on ne saurait voir. Si vous êtes pauvre et que l’on vous interdit de mendier, que l’on détruit le peu d’affaires que vous possédez – duvets, vêtements, tente… - quelles solutions vous restent pour survivre ? Quand on vous harcèle, que l’on vous oblige à vous déplacer sans cesse, on ne porte pas seulement atteinte à vos libertés fondamentales : on vous empêche aussi de vous inscrire dans un parcours de réinsertion en rendant toujours plus complexe votre suivi social, sanitaire ou médical. Alors, monsieur le Maire, pour lutter contre la précarité, les arrêtés, faut arrêter !

    MÉDECINS DU MONDE
    S’OPPOSE AUX POLITIQUES
    DE CRIMINALISATION
    DES PERSONNES EN SITUATION
    DE PAUVRETÉ DANS LA VILLE.
    LEURS BIENS PERSONNELS
    DOIVENT ÊTRE RESPECTÉS ET
    DES ACTIONS DE PRÉVENTIONS
    ET DE LUTTE
    CONTRE L’EXCLUSION MISES EN PLACE.

  • Quand vous n’avez pas d’argent pour vous soigner, deux solutions : la CMU, Couverture maladie universelle, si vous êtes Français ou en situation régulière ; ou l’AME, Aide médicale d’État, si vous êtes sans-papiers. Dans ce dernier cas, les démarches, déjà compliquées en temps normal pour avoir une couverture, deviennent quasi insurmontables tant les obstacles se multiplient : barrière linguistique, peur des arrestations, méconnaissance des droits et des structures, complexité administrative...

    Pour que les étrangers, les migrants, les exilés en situation précaire puissent accéder aux soins, l’accompagnement social, c’est primordial.

    MÉDECINS DU MONDE
    PLAIDE POUR
    UN RENFORCEMENT DES CCAS,
    CENTRES COMMUNAUX
    D’ACTION SOCIALE,
    QUI DOIVENT DISPOSER D’UN
    PERSONNEL SUFFISANT ET COMPÉTENT:
    TRAVAILLEURS SOCIAUX,
    MÉDIATEURS
    ET TRADUCTEURS.

  • Les stigmates sont une blessure. La stigmatisation, une blessure infligée à l’autre. Pressions policières, actes d’intimidations, harcèlements… Les populations les plus précaires sont aussi les plus discriminées. Dans une indifférence géné- ralisée et dans un contexte de tensions croissantes, elles doivent affronter, en plus de leurs conditions de vie difficiles, l’ostracisme, les insultes et les moqueries, quand elles ne sont pas victimes d’agressions caractérisées. Ma muni- cipalité peut et doit agir : en offrant par exemple à chacun la possibilité de vivre dignement et d’accéder à l’hygiène et aux soins. Mais aussi et surtout, en ne mettant pas elle-même en place une politique répressive à l’égard des personnes les plus précaires, et en ne relayant pas de discours stigmatisants.

    MÉDECINS DU MONDE DEMANDE
    AUX MAIRES DE LUTTER CONTRE
    LES DISCRIMINATIONS PAR DES CAMPAGNES
    DE COMMUNICATION ET D’INFORMATION,
    ET DE FAVORISER LE TRAVAIL
    DES ASSOCIATIONS ENGAGÉES
    DANS L’AIDE AUX PLUS DÉMUNIS.

  • C’est la crise : tout le monde le sait. Et tout le monde en pâtit. Mais pour ceux qui n’ont rien, c’est encore plus dur. Se nourrir, se loger, se soigner… Tout devient toujours plus compliqué. Ils ne cherchent même plus à vivre, juste à survivre. Aux conséquences directes des difficultés économiques s’ajoutent pour eux, le risque d’être désignés comme les boucs émissaires de tous nos maux. ..

    Face à toutes ces menaces, ils ont plus que jamais besoin de notre solidarité. C’est dans les moments difficiles que celle-ci prend tout son sens, et elle ne peut en avoir qu’un : bénéficier à ceux qui en ont le plus besoin. Les sans-abri, les squatters, les migrants, les sans-papiers, les prostitués ne sont pas “un” danger : ils sont “en” danger.

    POUR PROTÉGER
    LES PLUS VULNÉRABLES
    ET LUTTER CONTRE
    LES INÉGALITÉS,
    IL N’Y A QU’UN SEUL
    PROGRAMME :
    LA SOLIDARITÉ !

OU VOIR
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Association de solidarité internationale, Médecins du Monde conduit des actions partout dans le monde mais aussi en France avec 15 délégations régionales.
Humanité, impartialité, indépendance sont les valeurs portées par l’association. Chaque année, les 2000 bénévoles de Médecins du Monde en France soignent et accompagnent plus de 50 000 personnes dans 30 villes.
Les équipes constatent que l’accès aux soins des personnes défavorisées est de plus en plus difficile. Médecins du Monde met donc en place des solutions adaptées, centres de soins offrant un accueil médicosocial mais aussi actions mobiles destinées à aller à la rencontre des personnes les plus exclues sur leur lieu de vie.
La misère, les inégalités territoriales et sociales de santé continuant de s’aggraver, la solidarité devient plus que jamais indispensable.